Arbres et plantes en milieu urbain _ 31 mai 2018


Jeudi 31 mai : à 14h30

Balade culturelle : « Arbres et plantes en milieu urbain »

Tout un programme pour cette découverte de l’est de Rouen à partir de la place ombragée devant le lycée Corneille, rue Louis Ricard pour rejoindre la porte Guillaume-Lion qui abrite un petit square coincé entre le quai de Paris et une école. Et ce, d’autant plus que l’abattage des tilleuls devant la cathédrale a suscité de nombreuses remarques souvent courroucées dans la presse locale.

Les noisetiers de Byzance (Corylus colurna) de la place où le groupe s’est réuni pour démarrer cette sortie ont des fûts élancés mais, à y bien regarder, la forme des feuilles évoque bien celle de nos noisetiers… Ils portent également de jeunes noisettes, haut-perchées dans les frondaisons, mais une recherche attentive au sol permet d’en récupérer - (merci Alain !) – et là, aucun doute : les noisettes semblables à celles de nos forêts sont dans une coque entourée d’un involucre multiple.(Photo du 31 mai 2018, involucre de noisetier de Byzance).

Remonter la rue Louis Ricard en direction du jardin du muséum permet de découvrir des plantes installées dans de petits jardinets (forsythias, aucubas, jasmin…) qui sont défleuries mais qui, plus tôt dans l’année, sont facilement identifiables par leurs fleurs. (photo jointe du 16 avril 2018, au n° 38).

Le jardin du muséum abrite de nombreux arbustes dont plusieurs résistent à nos tentatives de détermination mais il présente aussi l’évolution d’un jardin dans la ville : des bacs entourés d’osier tressé présentent des plantes et des légumes cultivés dans les jardins, des silos permettent de composter ses déchets végétaux….
Au départ de la rue de Joyeuse, plusieurs petites plantes accrochées en hauteur retiennent notre attention, et parmi elles la cymbalaire des murs que nous rencontrerons tout au long de la sortie. Cette petite plante parvient à germer dans la moindre anfractuosité avant de former des touffes denses de feuillage vert duquel émergent de minuscules fleurs violacées…. Une étude se déroule actuellement pour tenter de jauger l’influence de la pollution dans une ville sur son développement, la taille des fleurs, le pouvoir de germination… (La cymbalaire des murs, photo du 16 avril 2018).

De nombreux arbres parmi lesquels des érables sycomore et des noisetiers poussent à droite, en contrebas de la rue, et dissimulent les bâtiments du lycée Corneille. La renouée du Japon, plante envahissante qui colonise les endroits frais et humides, déploie de nombreux rameaux dans une cour sur la gauche, devant une chapelle : il faudra attendre la fin de l’été pour apprécier ses épis floraux. Importée d’Amérique au XIXéme siècle comme plante ornementale dans les parcs et les jardins, elle s’est très – trop - bien acclimatée et menace d’étouffement de nombreuses plantes endémiques locales : elle est classée " plante invasive " et génère de nombreuses recherches pour l’éradiquer.(Photo internet, la renouée du Japon).

Quittons la rue de Joyeuse pour emprunter la rue Nicolas Poussin puis la rue de la Roche, bifurquer dans la rue du Clos des Marqueurs. Nous retrouverons la cymbalaire mais ajouterons à notre tableau de chasse la corydale très présente qui égaie de nombreux endroits avec ses fleurs jaunes qui émergent d’un feuillage très découpé. (La corydale, photo du 16 avril 2018).

Nous remarquerons aussi ,au 18 rue du Clos des Marqueurs, un remarquable chêne-vert, vigoureux et imposant. Un autre arbre attire l’attention mais, trop loin, ne peut être identifié avec certitude : ne serait-ce pas cependant un arbre de la famille des cotoneasters ? Il en a l’aspect et le feuillage gris-vert semble familier… Au pied d’un grand mur, avant de rejoindre l’avenue de la Porte des Champs, nous découvrons de nombreux pieds " d’herbe aux verrues ", la grande chélidoine. Un suc jaune-orangé perle immédiatement à la cassure de la tige qui a la réputation d’agir sur les verrues, ce qui justifie son nom vernaculaire.

A l’angle de la rue du Clos des marqueurs et de l’avenue de la Porte des Champs, un aménagement récent créé ex nihilo attire les regards : mélange de plantes à fleurs et de graminées, de rosiers, ce massif floral est, fût-il petit, l’exemple des tendances actuelles pour occuper l’espace et apporter des touches de couleurs le long des voies de circulation. Nous en rencontrerons d’autres au hasard de notre promenade et chacun, quand il se déplace en ville, peut en découvrir s’il fait attention à son environnement. Bien évidemment, impossible de ne pas voir le grand hêtre pourpre qui trône majestueusement à l’angle de la rue Poitron. Un examen attentif nuance ce premier regard : l’arbre est âgé, il porte les stigmates du temps et de nombreuses cicatrices de branches peuvent être repérées. Le square où il trône encore vient d’être modifié et comporte un mélange de nombreux arbres et arbustes ainsi que des graminées (photo ci-dessous du 16 avril 2018).

Comme pour les autres massifs dans la ville, le sol est recouvert d’une couche épaisse de copeaux qui évite le dessèchement et la pousse des adventices que l’on nomme aussi " mauvaises herbes ". De fait, seul le liseron parvient à transpercer cette couche, ainsi que quelques pieds de chardon.

De beaux érables planes font face aux rosiers plantés devant l’immeuble à gauche de la rue Poitron que nous empruntons pour rejoindre le lycée Jeanne d’Arc et voir les cèdres de l’Himalaya. Nous obliquons dans la rue Legouy : un petit saule pousse sur le haut du mur, au 19 rue de la Cigogne du Mont, preuve que les végétaux tentent de s’implanter à tout endroit qui le leur permet.

Le passage du Bon Pasteur vient d’être complètement réaménagé et permet de gagner le square Halbout sous le regard de jeunes magnolias de la variété stellata qui ont remplacé des charmes. Les fleurs sont fanées lors de cette promenade mais, à la mi-avril, de nombreuses fleurs blanches en étoile apportent une touche lumineuse à ce passage.(Fleur de magnolia stellata, photo du 16 avril 2018).

Ce square Halbout est un havre de paix, fréquenté par les enfants et des élèves des établissements scolaires voisins. De nombreuses espèces végétales procurent une ombre appréciée (saule pleureur, érables sycomores, marronniers d’inde, tilleuls à petites feuilles….). Les boulistes ne sont pas oubliés et peuvent d’adonner à leur sport favori à l’ombre des liquidambars plantés le long des grilles. Pour admirer leur couleur automnale, il faudra revenir en octobre….. L’entrée du square Halbout vue du passage du Bon Pasteur, photo du 16 avril 2018.

Traversons le parking de l’école élémentaire (beaux cerisiers à fleurs à apprécier au printemps) pour gagner la rue Eau de Robec via la rue du Pas de Gaud. Une belle allée d’érables planes (acer platanoides) borde le centre hospitalier. Le sol de la rue Eau de Robec est jonché de fleurs jaunes en fin de floraison à la mi-avril avant que n’apparaissent les feuilles qui procurent une ombre bienfaisante pour les automobiles qui y sont garées. Il faudra attendre l’automne pour admirer la couleur du feuillage automnal d’un beau jaune d’or. Par la rue Lamauve, la rue de Germont puis la rue Mollien, nous rejoignons la rue d’Amiens pour découvrir un pin sylvestre qui est arrivé à s’implanter à la limite du trottoir.

Le temps devient menaçant et quelques gouttes sont déjà tombées. Les parapluies se sont refermés mais, par sécurité, l’itinéraire prévu est modifié. Le groupe rejoint rapidement le quai de Paris en passant devant de nombreux immeubles enserrant des îlots de végétation puis découvre un petit jardin qui se niche en contrebas de la porte Guillaume-Lion sculptée par Claude Leprince. Il abrite de nombreuses espèces végétales dont des amélanchiers rosacées reconnaissables au printemps par leurs fleurs à cinq pétales blancs, longs et disjoints (photo ci-dessous du 16 avril 2018).

Un jardin coopératif permet aux habitants de pouvoir cultiver des légumes, de récupérer les déchets ménagers pour obtenir un compost utilisable pour les plantations.

En définitive, la ville de Rouen présente une grande diversité végétale, qu’elle soit l’œuvre de la ville, des gestionnaires des parcs d’immeubles, des particuliers… ou de la vitalité de nombreuses espèces végétales qui s’y implantent naturellement. Il semble évident qu’il faut se promener à des périodes différentes tout au long de l’année pour en apprécier tout le charme.

Sources :
• Le livre de Bernard BOULARD : Plantes et arbres de Rouen
• Le site de la ville de Rouen :
o https://www.rouen.fr/sites/default/files/larbre_a_rouen_ok_bd_11_mai_15.pdf
o https://rouen.fr/patrimoine-arbore

Parcours

Noisetier de Bysance- corylus colurna

Corydale jaune

Cymbalaire des murs