Autour de la corderie Vallois _ 18 août 2015


Ce samedi 18 août , toujours sous le soleil, nous nous retrouvons pour la visite de la corderie Vallois à Notre Dame de Bondeville.

L’histoire de la corderie remonte au 18e siècle, d’abord un moulin à papier occupait cet emplacement, après avoir été une filature, après des transformations, le bâtiment devint corderie en 1880 par son achat par Jules Vallois. La corderie fonctionnera jusqu’en 1978.
.Les cordes câblées et la cordelette tressée sont les spécialités de la maison. Les machines sont françaises et anglaises. Le travail qui nécessite une certaine habileté était confié en majorité à des femmes, qui travaillaient environ cinquante heures par semaine. Le travail était pénible à cause du bruit des machines, la poussière du coton, le froid en hiver et la chaleur en été.

En 1975 le bâtiment et la roue furent inscrits à l’inventaire complémentaire des monuments historiques. En 1979, la région de Haute Normandie prend la décision de créer un musée archéologique industriel. Il fut inauguré en 1994 et il est aujourd’hui la propriété du département de la Seine Maritime. Nous avons pu voir et entendre les anciennes machines en fonctionnement, mues par la roue à aube, au rythme de la rivière.
Une intéressante exposition : « Le gaz à tous les étages » complétait cette visite.
Nous avons ensuite emprunté « le chemin des moulins à papier », une très belle promenade ombragée le long du Cailly. Difficile de s’imaginer aujourd’hui qu’au XIXe siècle la vallée de cette petite rivière connaissait un essor économique prodigieux avec l’extension de l’industrie cotonnière. En 1850 : 51 filatures, 4 entreprises de tissage, 22 indienneries et 17 teinturerie, jalonnaient la rivière.
Nous arrivons bientôt devant le « Manoir Gresland », une magnifique construction du XVIe siècle, propriété des seigneurs Dubosc de Radepont, longtemps symbole du pouvoir de la noblesse, il devint au XIXe siècle celui de la bourgeoisie du textile. A partir de 1836, le manoir passe entre les mains de différents propriétaires d’usines textiles de la vallée du Cailly, En 1871, c’est le filateur Gresland qui en devient propriétaire, le manoir restera propriété de cette famille jusqu’à la fermeture de l’usine. En 1985, le manoir est acheté par le centre hospitalier du Rouvray pour y créer un hôpital de jour, le projet n’aboutira pas, c’est finalement la municipalité de Notre Dame de Bondeville qui en fait l’acquisition et décide d’y installer la bibliothèque municipale.

Lors des fouilles de restauration en 2000 sont découvertes les vestiges d’une vaste église mérovingienne construite au VIIe siècle et autour de laquelle se trouvent de nombreuses sépultures. La bibliothèque est dénommée Malthide de Rouvres du nom de la bienfaitrice du prieuré de Bondeville au XIIe siècle.
Après avoir traversé une magnifique roseraie dominée par un ravissant kiosque à musique, nous atteignons la mairie ou une autre surprise nous attend, exceptionnelle dans la région et très rare en France, une sculpture musicale : Ars Sonora, une œuvre symbolique qui fait référence au passé industriel et spirituel de la commune. Elle fut inaugurée le samedi 22 mai 2010, Elle a été imaginée par Jean Marc Bonnard, à la fois plasticien, designer, dessinateur et sculpteur. C’est non seulement une œuvre monumentale, mais aussi un instrument de musique dont nous avons eu la privilège d’entendre les sons. 48 cloches sont installées sur la structure en inox, réalisées par la célèbre fonderie Paccard d’Annecy. Le carillon peut être déclenché automatiquement ou manuellement. Un clavier permet de jouer sur les cloches accordées qui produisent plusieurs notes chacune sur un registre de quatre octaves. La réalisation de ce carillon a été souhaité par Jean Yves Merle, maire de la ville et financé par la commune, les collectivités publiques et des partenaires privés.
Jean Marc Bonnard a imaginé Ars Sonora (art sonore) en s’inspirant des cheminées d’usines de la vallée et des arcs gothiques, car la vie des Bondevillais a longtemps été calquée sur celle d’une abbaye implantée dans la commune du XIIe au XVIIe siècle.

Les conseillers municipaux ont chacun leur nom sur chacune des cloches, la plus grosse étant celle du maire.
Ainsi nous arrivons au terme de cette belle balade très riche en éléments du patrimoine, nous reviendrons à Notre Dame de Bondeville pour découvrir cette fois les vestiges du riche passé industriel de la vallée du Cailly.