Caudebec-en-Caux _4 septembre 2016


Depuis janvier 2016, Caudebec-en-Caux , fait partie avec St Wandrille-Rançon et Villequier de Rives-en-Seine.

C’est à la cale du bac que nous avons évoqué le drame qui a traumatisé toute la ville en 1940.
Les bacs de la Seine sont une cible stratégique pour couper la retraite anglo-française. Celui de Caudebec est attaqué le 8 et le 9 sans dégât. Mais les bombardiers allemands reviennent le lundi 10 très tôt le matin et lâchent leurs munitions au-dessus de la ville. Le feu dure plusieurs jours. Le bilan est lourd : sur 610 immeubles, 435 sont sinistrés dont 349 détruits totalement. Le mercredi 12 entre 5 et 6 h, l’ennemi allemand entre dans Caudebec.

La reconstruction est due à André Robinne qui choisit comme architecte
Othello Zavorani, élève de Perret.

Sur cette jolie petite statue nous voyons les 3 éperlans du blason de la ville.
Mais il faut savoir qu’en 1696 Louis XIV autorise les habitants à remplacer les éperlans par des saumons.

Arrêtons nous un instant pour évoquer des peintres qui ont un bien connu Caudebec

Adrien Sacquespée
né le 17 juillet 1629 à Caudebec
Une salle lui est consacrée au musée des Beaux arts de Rouen et nous pouvons admirer son "Saint Mathurin exorcisant l’impératrice Théodora", à l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen.

Émile Bréchot, né le 5 décembre 1887 à Caudebec-en-Caux et mort en 1971, est un peintre de l’École de Rouen.
Il fut nommé conservateur à Tunis au musée du Bardo entre 1928 à 1948.
A partir de 1948 il devint le cconservateur bénévole du musée des templiers.

Mais le plus célèbre est sans conteste Eugène Boudin dont vous pouvez admirer ce magnifique tableau au MuMA du Havre.

Caudebec possédait un ensemble judiciaire royal dont témoigne cette ancienne prison, qui accueillait au XVIIIe siècle le grand bailliage de Caux.

Deux basses fosses constituent l’intérêt majeur de cet édifice. il y a encore quelques années on pouvait y descendre lors des journées du patrimoine.

Sous l’Ancien Régime, ceux que l’on nomme les exécuteurs de la haute justice (ou maîtres des hautes œuvres) sont chargés d’exécuter les peines corporelles prononcées par la justice criminelle.

Les exécuteurs tiraient l’essentiel de leurs revenus de deux sources : le droit de havage. Ce droit consistait donc à prendre directement dans les marchés une « poignée », autant que la main pouvait en contenir, des marchandises exposées à la vente.
Un arrêt du Conseil du roi du 3 juin 1775 supprima la perception du droit de havage, qui pouvait provoquer des révoltes sur les marchés et qui augmentait l’impopularité du bourreau.

La "maison des templiers" est une maison en pierre du 13e siècle

Ce n’est probablement pas une commanderie templière ,mais peut-être un « temple » protestant ?

Cette maison allait être vendue , en pièces détachées et partir en Amérique en 1911/1912, mais les amis du Vieux Caudebec ont réussi à empêcher la vente. L’Incendie de 1934 a bien failli la voir disparaître encore une fois.

Suite à la guerre il ne reste que la façade, donc ce que l’on voit aujourd’hui n’est qu’une restitution.

A l’intérieur se trouvait il y a quelques années un musée , certes un peu vieillot mais qui avait tant de charme et dans lequel on pouvait voir cette magnifique épée viking.

En face venez saluer Thomas basin né à Caudebec-en-Caux en 1412 et mort à Utrecht (Pays bas ) le 3 décembre 1491, qui rédigea en 1453 un mémoire en faveur de la réhabilitation de Jeanne d’Arc.

Jean François Charles de Brihon , seigneur de la Vézaire fit construire ce logis en 1789 et y mourut le 21 avril 1791.

Il a été longtemps occupé par la gendarmerie.

Au XIVe siècle, par des autorisations royales de Charles V, la ville s’entoure d’une muraille. Cette fortification, aussi impressionnante qu’elle put être en son temps, n’empêcha pas les Anglais de s’emparer de Caudebec lors de la Guerre de Cent ans. Notre ville fut donc possession anglaise de 1415 à 1450, et a conservé quelques vestiges de cette période.

Cette maison est un édifice de brique, ordonnancé, construit à la fin du 18e siècle (portail daté 1786) et attribué au bailli de Caux.

Presque toutes les maisons à pans de bois ont brûlé, Il ne reste que les maisons que nous allons voir le long de « la grand rue » ancienne voie romaine entre Juliobona (Lillebonne et Rouen) . Nous avons eu la chance de pouvoir rentrer dans une charmante cour intérieure et voir des graffitis sur les murs.

Alors qu’une grande partie de la Normandie avait soutenu la Ligue, la ville était partisane d’Henri IV. Lorsqu’en 1592, ce dernier reprit la cité, il fut accueilli chaleureusement par la communauté protestante de Caudebec, importante à l’époque.
Il aurait prononcé ces paroles en parlant de l’église
« C’est la plus belle chapelle de mon royaume… »

Quelques détails à l’extérieur de l’église ont retenu notre attention, comme cette gravure qui évoque les guerres de religion en 1562

Un cadran lunaire, voilà qui est très rare :

Mais le plus curieux reste quand même le banc de la femme adultère . Réalité ? Légende ?

Le portail ouest compterait 333 anges musiciens. Nous n’avons pas vérifié .

La rue des belles femmes nous permet d’évoquer les gants de chevreau qui étaient si fins qu’ils tenaient dans une coquille de noix et surtout le célèbre Caudebec, chapeau noir avec une plume blanche porté par le roi lui même.

Le célèbre archéologue Jacques Le Maho a mentionné une abbaye de femme qui se trouverait à peu près à l’emplacement actuel de la bibliothèque. Pour lire l’article cliquez ICI

L’après midi nous avons visité le tout nouveau muséoseine. Fort intéressant mais si vous voulez tout voir, tout écouter , vous devrez revenir plusieurs fois.

Nous avons terminé par la visite intérieure de la magnifique église dont nous avons surtout admiré les vitraux.
Celui offert par le capitaine anglais Foulques Eyton ( commandant 1435/1447 )
Devise de Foulques Eyton « Je m’y oblige »

Mais celui qui a emporté tous les suffrages est sans conteste cet arbre de Jessé.

Nous avons été fort impressionnés par cette clé pendante de 4m50 qui pèse 7 tonnes

Nous pourrions encore vous parler très très longuement de tous les trésors que contient cette église et nous ne pouvons que vous inciter à y revenir.