L’hospice général de Rouen_ 10 mars 2018


Samedi 10 mars à 14h

Balade culturelle : L’Hospice Général de Rouen : « du bureau des pauvres valides au CHU Charles Nicolle »

Rendez-vous avait été donné à la station TEOR "CHU Charles Nicolle" le samedi 10 mars 2018 à 14 heures pour remonter le temps et évoquer, au fil d’une balade culturelle, l’histoire de l’hospice Général de Rouen, depuis l’originel Bureau des Pauvres Valides jusqu’au moderne « Centre Hospitalo-Universitaire Charles Nicolle".

De la terrasse du parking-visiteurs, nous avons découvert notre terrain d’exploration de l’après-midi : Les anciennes prairies humides de la Maresquerie, délimitées par la rue Eau-de-Robec et la rue d’Amiens et par les boulevards Gambetta ex-Martainville qui avaient remplacés les anciens remparts à l’est de la ville. C’est à cet endroit que le Parlement de Normandie ordonna en 1600 le déplacement du bureau des pauvres valides, jusque-là implanté au cœur de Rouen, près des établissements de charité.
Nous avons rappelé la situation sanitaire et les fonctions de l’hôpital au Moyen Âge et sous l’ancien régime, bien différentes des prises en charges complexes et des plateaux techniques performants, de la recherche médicale et de l’enseignement qui caractérisent les diverses et complexes fonctions de l’hôpital d’aujourd’hui.

Autrefois, sous la double tutelle, spirituelle de l’Eglise et temporelle du pouvoir royal et des échevins, il s’agissait d’essayer de protéger la population des épidémies et surtout de montrer sa contribution aux œuvres de bienfaisance en direction des vieillards, des orphelins, des filles-mères ou des indigents. Nous avons évoqué l’histoire de l’hospitalité à Rouen : son fonctionnement, ses multiples implantations successives et les principaux établissements comme l’Hôtel Dieu de la Madeleine ou l’hôpital du Roy…

Depuis notre observatoire, nous avons repéré les bâtiments historiques construits le long de la rue de Germont durant un siècle à partir de 1687, jusqu’à la chapelle Notre-Dame inaugurée à la veille de la révolution.

Toutes les autres constructions à l’intérieur de l’enceinte, plus légères, ont été maintes fois modifiées au fil des 400 ans d’activité de l’hospice général. Le centre hospitalier moderne que nous connaissons aujourd’hui a été presque totalement rebâti au cours des 50 dernières années, depuis l’instauration des CHU en 1958 ; il prendra le nom de Charles NICOLLE en 1961.

Redescendu au niveau du sol, nous avons rejoint la place Saint-Hilaire et la rue Eau de Robec en longeant les derniers vestiges des remparts de la ville, en repérant l’emplacement de la tour du Colombier sensée protéger la porte Saint-Hilaire où nous avons évoqué les sanglants épisodes de la guerre de cent ans et des guerres de religion. Suivant le cours ici enterré du Robec, nous avons évoqué le moulin Chanteraine et les activités drapières grouillantes autour du ruissel pour arriver à l’entrée historique de l’hospice général situé rue de GERMONT du nom d’un de ses illustres bienfaiteurs. Le tour d’abandon qui a sauvé la vie à des centaines d’enfants abandonnés y est toujours visible.

Les bâtiments historiques délimitent trois cours : d’Honneur,

de GERMONT et LESCHEVIN.

Nous avons rappelé la destination de chaque bâtiment lorsqu’il a été construit. Nous avons évoqué Claude GROUARD, Pierre DAMIENS, l’abbé de GERMONT… qui sont parmi les personnalités qui ont marqué la création de l’ensemble hospitalier. Mais en parcourant et admirant ces bâtiments, nous avons aussi décrit la vie quotidienne des pensionnaires de l’hospice : jusqu’à 2.500 "utilisés’, selon le terme en vigueur à la fin du XIXe siècle. À la chapelle Notre-Dame, reconstruite en 1790 car devenue trop petite, nous avons raconté le rôle indispensable de la congrégation des sœurs de Notre-Dame de la Charité fondée en 1714 par Melle de La COUDRAYE. Ces religieuses furent intimement liées à la vie de l’hôpital, ce jusqu’aux années 1970.

Nous avons rendu hommage à Charles Nicolle qui a donné son nom au CHU, prix Nobel de médecine en 1928 pour ses travaux sur le typhus (transmission par le pou) qui décimait les armées. Il fut aussi le premier à évoquer la notion capitale de maladie inapparente, on parle aujourd’hui de « porteur sain ».

Notre parcours nous a ensuite fait traverser les bâtiments modernes de l’hôpital où nous avons retrouvé les grandes figures médicales qui ont marqué l’histoire médicale rouennaise : Claude-Nicolas LECAT, André DEROCQUE ou Félix DEVE. Dans l’anneau central, sont exposés les cloches de l’église de la Madeleine,

l’ancienne horloge du pavillon Henri-Martin et du matériel radiologique du début du siècle.

Revenu à notre point de départ, nous avons achevé notre balade en remontant le cours de l’Aubette à travers la faculté de médecine installée à la place de l’ancienne gare de Martainville, dans ce nouveau quartier dédié à la médecine de demain qui se construit le long de la route de Lyons, avec ses pépinières d’entreprises biomédicales et le récent Médical Training Center équipé des technologies les plus modernes (interventions sur simulateur par exemple). Cette dernière partie de notre après-midi nous aura permis de rappeler ce que furent les débuts de l’enseignement de la médecine, réorganisés sous le Directoire, dans lesquels Achille Cléophas FLAUBERT, chirurgien-chef de l’Hôtel-Dieu et père de Gustave, eut un rôle déterminant dans la création de la petite école de médecine de ROUEN en 1820.
Comme à l’habitude, le soleil nous a accompagnés tout au long de l’après-midi…