La Londe_ 10 juillet 2016


La forêt de La Londe Rouvray couvre 5100 ha entre le plateau du Roumois et le collet du méandre de la Seine qui enserre Rouen. Constituée majoritairement de chênes et de hêtres, la forêt couvre un terrain accidenté que le relief rend difficile d’accès. Lors des guerres de 1870 et de 1939-1945, ces lieux ont été propices à des positions défensives, à des embuscades et à des combats sanglants, dont les traces et les souvenirs sont encore présents aujourd’hui.
Nos 20 randonneurs se sont retrouvés sous un ciel clément, au début de l’après-midi au parking des 17 tournants à mi-chemin d’Orival et de Moulineaux. L’itinéraire nous amena d’abord au monument des Canadiens, au pied du Mont à la chèvre, où se déroulèrent les derniers combats pour la libération de Rouen entre le 26 et le 29 août 1944. Dans ces combats, sans aviation ni artillerie, le plus souvent au corps à corps, les pertes canadiennes se sont élevées à 577 morts, blessés ou disparus. Un monument rappelle ces sacrifices, il a été inauguré en octobre 1994.

Continuant notre promenade, nous suivons dans le vallon la voie ferrée Rouen-Caen, toujours en service. Très vite, elle passe sous 2 viaducs successifs : les « 7 piles » et les « 17 piles », majestueux ouvrages d’art incongru émergeant de la végétation.

Nous poursuivons notre chemin vers le nord pour atteindre une autre voie ferrée, désaffectée celle-ci, qui reliait la gare d’Orléans de Rouen à Elbeuf-ville à travers une succession de tunnels et de viaducs, travail titanesque pour une ligne qui n’aura fonctionné que de 1880 à 1960. Allumant nos lampes de poche, nous empruntons le tunnel de la Maredote pour déboucher sur le quai de l’ancienne gare de cocagne de Moulineaux-La Bouille. Sur la place de la gare, une auberge toujours en activité, héritière des guinguettes qui accueillaient les rouennais chaque fin de semaine au début du siècle dernier… Nous dominons la vallée de la Seine avec un magnifique panorama qui s’étend de Grand Couronne jusqu’au-delà de La Bouille.
Nous rejoignons ensuite le château de Robert le diable, non sans faire un arrêt au monument patriotique et baroque du « Qui-Vive » commémorant le sacrifice des gardes nationaux du Roumois au cours de l’hiver 1870,

quand Rouen était occupée par les prussiens. Boule de Suif a laissé plus de traces dans les mémoires que ces héros anonymes…
Après un tour rapide du site du château de Robert le diable,

Robert le magnifique fils de Guillaume le conquérant, nous quittons le brouhaha de l’autoroute A 13 et reprenons notre randonnée vers le vallon emprunté par la ligne Rouen-Caen. Nous passons sous les viaducs entraperçus un peu plus tôt, pour remonter sur les « sept piles » et admirer à 30 m au-dessus des arbres, un panorama à 360° sur la forêt de Lalonde. En suivant le ballast vers Elbeuf, nous croisons les traces de haltes ferroviaires aujourd’hui envahies par les herbes folles, avant de rejoindre notre point de départ, non sans avoir évoqué, les arbres remarquables de cette forêt recensés au siècle dernier par Henri Gadeau de Kerville : le « Hêtre à l’image », le « Bel Arsène » ou le « Chêne rabutté ; mais aussi rappelé l’importance de la carrière des « Terres à pot » en limite de la forêt dont le kaolin très particulier a servi à cuire les carreaux de porcelaine blanche qui tapissaient les murs des stations de métro parisiennes ; enfin nous avons fait un clin d’œil à Burt Lancaster, à Jeanne Moreau et à Michel Simon qui jouaient dans le film de John Frankenheimer « Le Train » tourné en 1964 sur le viaduc des « 7 piles » et dans le tunnel de la Maredote. Voir le lien https://youtu.be/R_z_9w-Ffmo