La vallée des Moulins_ 5 décembre 2015


C’est du pittoresque quartier des petites eaux, là ou le Robec disparaît dans un collecteur qui l’emportera jusqu’à la Seine, que nous partons pour découvrir cette mystérieuse vallée des moulins.

Lorsqu’on emprunte le petit sentier piétonnier qui longe les rives du Robec, on est bien loin de penser qu’au 19e siècle, notre minuscule rivière entraînait les roues à aubes des moulins, filatures, métiers à tisser, forges etc.
Le quartier des Petites Eaux, grâce à ses nombreuses sources d’eau claire était celui des blanchisseurs ( quelques vestiges sont encore visibles), des teintureries ( teintureries Pavie et Auvray). Nous avons eu la chance d’être accueilli par le sympathique propriétaire du Moulin des Dames de Saint Amant, qui très gentiment, nous a expliqué le fonctionnement de la roue à aubes et nous a fait pénétrer par une porte de visite dans l’aqueduc de Carville qui alimentait les fontaines de Rouen au XVIe siècle.

La petite Chartreuse de la Rose, témoigne par quelques pierres restantes (mur d’enceinte, chapelle devenue séchoir, puis salle de réunion de quartier), le passé religieux du lieu.

Le site de la Pannevert nous transporte dans un environnement bucolique avec son moulin à pans de bois qui attend toujours sa roue à aubes actuellement en réparation et le four à pain qui fonctionne toujours.

De là par une sente à travers bois, ce sont les rives de l’Aubette qui nous accueillent, tout proche le moulin Saint Gilles qui abrite le Centre d’Histoire Social de Haute Normandie et le musée Expotec où on peut admirer les anciennes machines de nos industries, pour la plupart, aujourd’hui disparues.

Après avoir suivi les berges de l’Aubette, nous regagnons celles du Robec toutes proches, un rapide clin d’oeil au moulin Marc Dargent ( nom de l’ancien Père Abbé des moines de Saint Ouen ), la grande cheminée qui se dresse devant nous, annonce la grande usine cathédrale de Lucien Fromage, un lieu qui abrite l’école d’architecture et une partie des archives de la Seine Maritime, bien silencieux aujourd’hui ! Ici on fabriquait du tissu élastique (bretelles) près de 800 personnes y travaillaient.

Puis c’est le moulin Saint Paul, un moulin à couteaux qui martelait le fer ( couteaux, poignards, épées etc...), puis au fil des siècles, devenu filature , tissage puis atelier de confection, il a conservé sa roue à aube et la cheminée de la chaudière qui s’est suppléée à la force hydraulique. Tout près, le vieux réservoir garde encore les eaux de la source de Carville qui alimente l’aqueduc.

C’est à l’écluse du choc aux abords de Darnétal que se situe le terme de notre promenade automnale. C’est ici dans les temps plus lointains que se réunissaient l’Aubette et le Robec, les deux rivières étant canalisées.

L’écluse a longtemps servi à envoyer l’eau dans l’une ou l’autre des rivières. La « Visitation de la Pentecôte » (action de dévier le Robec dans l’Aubette) pendant une semaine, permettait aux riverains du Robec d’effectuer les travaux d’entretien.