Le carillon de la cathédrale _ 17 mars 2018


Samedi 17 mars 2018 à 10h15

Visite découverte : Le carillon de la cathédrale Notre Dame de Rouen.

C’est le carillonneur Patrice Latour

et sa fille Pascaline qui nous accueillent au pied de la tour Saint Romain de la cathédrale pour nous faire découvrir ce mystérieux instrument qui nous régale les oreilles parfois lorsque nous traversons le parvis. C’est parti pour l’ascension des 129 marches de l’escalier à vis

qui nous amène jusqu’au premier niveau à déjà 25 m du sol. Notre carillonneur commence par nous conter l’histoire du carillon de Rouen : C’est en 1913 que Mgr Fuzet archevêque de Rouen décide de doter la cathédrale d’un bourdon de 18 tonnes qui portera le nom de Jeanne d’Arc. Il commande aussi à la fonderie Paccard d’Annecy un carillon de 29 cloches.

Le déclenchement de la première guerre mondiale reporte l’arrivée des cloches en 1920. Le Rouennais Maurice Lenfant devient le premier titulaire de l’instrument.

De 1939 à la libération, le carillon va se taire. En 1944, lors des bombardements de juin, les cloches de volées situées dans la tour Saint Romain, dont la Jeanne d’Arc, fondent pendant l’incendie de la tour, mais le carillon installé dans la tour de Beurre n’est pas touché. Au lendemain de la libération Maurice Lenfant fait à nouveau sonner le carillon le 31 août. En 1954, 21 nouvelles cloches sont ajoutées, puis en 1959, 6 nouvelles cloches prennent place dans la tour de Beurre. La nouvelle Jeanne d’Arc de 9,5 tonnes est installée dans la tour Saint Romain.

Pendant les travaux de la tour de Beurre au début des années 2000, le carillon est à nouveau rendu au silence et ceci pour une quinzaine d’années, car les transmissions mécaniques sont endommagées. En 2012, la DRAC décide de restaurer le carillon. En mai 2015, les cloches sont descendues de la tour de Beurre pour retourner là où elles sont nées, à la fonderie Paccard d’Annecy, où elles subissent une remise en état parfaite. En 2016, elles reviennent à Rouen fin mars accompagnées de 16 nouvelles cloches dont un second bourdon Romain de 5,3 tonnes et au début mai 2017 elles sont remontées dans la tour saint Romain. Le 17 septembre 2017, le nouveau carillon est inauguré lors d’un concert exceptionnel...

Après l’historique du carillon Patrice Latour passe à la description technique : au premier niveau a été installé, dans une cabine, un clavier d’étude qui permet de donner des cours et de préparer les concerts sans importuner tout le voisinage.

Dans le cadre du mécénat d’entreprise, le Crédit Agricole, pour l’association du Carillon de Rouen, a entièrement financé ce clavier

installé au dessous du carillon. A cet étage, on peut découvrir quelques pièces du passé : le tambour qui était utilisé pour rythmer les ritournelles (aujourd’hui commandées par un logiciel informatique),

le mouton de l’ancienne Jeanne d’Arc, le battant de la célèbre Georges d’Amboise, un ancien clavier d’études et plein d’autres souvenirs ainsi que des panneaux explicatifs.

Il faut encore gravir un étage au moyen d’un escalier métallique en colimaçon pour atteindre la cabine du carillonneur. Ici, c’est impressionnant : les courants d’air surgissent de partout du sol au plafond et de tous les côtés, par les grandes ouvertures et entre les abat-sons. Les points de vue sur la ville

et sur la cathédrale sont ahurissants : nous sommes à 30,5 m du sol et en levant la tête nous apercevons quelques unes des 9 cloches de volées qui se situent, elles, à 40m du sol.

C’est maintenant l’heure du concert, nos deux carillonneurs Patrice et Pascaline entrent dans la cage de verre qui les protège et s’installent au clavier.

Nous sommes près des cloches, le bruit est assourdissant, obligation de se protéger les oreilles et nous comprenons très vite que le carillon est conçu pour être écouté de l’extérieur. Nous redescendons jusqu’à la cour d’Albane,

le meilleur endroit pour écouter le concert plus confortablement. Au sein de cette cour d’Albane nous avons des points de vue inhabituels sur les maisons et les jardins de la rue saint Romain.

Voilà encore une merveilleuse découverte : pour des raisons de sécurité, le nombre de visiteurs est limité à 17 personnes, c’est donc une visite que l’on proposera régulièrement afin de permettre à tous nos adhérents qui le souhaitent de découvrir cet instrument qui est un des plus important de France. Vous trouverez des tas de renseignements complémentaires à ce résumé sur le site internet de l’association du carillon de Rouen : www.carillon-rouen.fr