Le chemin des sources bleues_21 septembre2017


Jeudi 21 Septembre 2017 à 10h30 (avec le pique-nique)

Balade découverte : « Le chemin des sources bleues à Aizier"
Facile – Difficulté : 2/5 – 6 km

Le départ de cette randonnée découverte est fixé à Aizier, aujourd’hui petit village résidentiel, mais autrefois un de ces petit port des bords de Seine où aboutissait aux quais appareillés en pierre, une voie romaine en provenance de Pont-Audemer.

C’est de là que l’on expédiait vers Rouen et le Havre, les bois de la forêt de Brotonne. Cité de pêcheurs, Aizier l’est aussi de marins, de bûcherons et de paysans. L’église, dont malheureusement il manque une travée, domine le village, édifiée au XIème siècle et remaniée au XVIème siècle, est curieusement coiffée d’un clocher de pierre typique du Bessin.

Près de l’église, une pierre percée, vieille de 4000 ans : « Le trou d’Aizier » est le témoin de l’existence d’une allée funéraire, c’est à dire une sépulture collective du néolithique.

En empruntant le sentier des bords de Seine, nous voici aux fameuses sources bleues : elles sont appelées ainsi car, à marée basse, la couleur de leur eau varie avec la luminosité, prenant diverses nuances de bleu transparent. Ces sources sont des émergences de la nappe crayeuse du plateau et forment une petite rivière qui, en aval, fait partie des marais d’Aizier.

Le petit chemin est équipé de panneaux qui nous renseignent sur la Seine et son environnement, il nous mène au charmant village de Vieux-Port, qui est le reflet du bâti traditionnel Haut Normand. Au hasard des rues, on découvre des chaumières plus typiques les unes que les autres. La technique du pan de bois/torchis c’est ici imposée dans la région depuis des siècles. Les matériaux employés sont de provenance locale : le chêne a permis la construction de l’ossature, le sol a fourni le limon servant à la confection du torchis et les silex ont été utilisés pour la confection du solin. Les couvertures sont en chaume fait de roseau.

Nous quittons Vieux Port par un chemin de forêt qui monte vers les ruines de la chapelle Saint Thomas dont les fondations qui datent du XIe siècle, sont les derniers vestiges visibles d’une léproserie médiévale qui servit jusqu’au XVIe siècle, avant de tomber en ruines. Un parcours de visite, jalonné de panneaux pédagogiques nous permet de comprendre, mais aussi de ressentir, ce qui pouvait être la vie d’un lépreux au Moyen Âge. Les lépreux à cette époque, n’ont en principe pas accès aux points d’eau utilisés par les bien portants. Un lieu d’approvisionnement est donc indispensable, matérialisé par la mare, toujours visible. L’accès à l’eau a pu également se faire auprès de la Seine, un sentier y mène, encore en partie praticable, appelé « la sente aux malades » sur les plans anciens.

Au nord de la petite chapelle, on est surpris d’observer des arbres dont certaines branches forment un nœud. C’est une vieille tradition : à l’origine on noue les branches de houx ou de noisetiers pour guérir du rachitisme, une maladie touchant les os. La reprise du rameau un an après signe l’accomplissement de la demande. Bien qu’ayant perdu sa vocation première, la tradition est aujourd’hui toujours vivace : les branches sont nouées mais au gré des amoureux qui formulent le vœu de voir perdurer leur flamme.

Après avoir admiré le magnifique panorama sur la Seine, c’est précisément à cet endroit que le fleuve perd sa salinité, bien qu’aujourd’hui endigué, il présente ici une très grande largeur. C’est par l’ancienne voie romaine que nous regagnons notre point de départ Aizier, non sans avoir admiré au passage d’autres très belles chaumières.