Le jardin des amouhoques et le château du Mesnil Geoffroy _ 8 août 2019


Visite découverte autour du château de Mesnil Geoffroy

C’est au Mesnil-Durdent, plus petite commune de la Seine Maritime qui abrite 18 habitants, que nous avions rendez-vous :

un lieu privilégié pour découvrir le Pays de Caux, avec ses chaumières, sa petite église en grès et ses talus plantés d’arbres centenaires.

Depuis toujours, la vie s’y est déroulée en étroite relation avec la nature. Les forêts d’autrefois ont été remplacées par des pâtures et des champs aux cultures variées, mais les arbres ont conservé leur importance prenant la fonction de clôtures originales et imposantes.

Notre botaniste maison, Alain Legouest nous emmène entre les bords des chemins que l’on appelle ici « fossés » un mot typiquement cauchois.

Notre talentueux animateur nous fait ensuite découvrir, le « jardin des Amouhoques » : « Amouhoque » c’est l’appellation que donnent les cauchois à une plante très résistante, la matricaire inodore.

Cet étonnant jardin regroupe, au cœur du village de Mesnil-Durdent, les espèces florales les plus communes : des plates-bandes présentent les plantes sauvages que l’on trouve dans le Pays de Caux et dans la Normandie. Ce sont celles que l’on appelle à tort « les mauvaises herbes », mais qui sont en vérité des « Herbes folles » qui peuvent être ornementales, odorantes, tinctoriales, médicinales, sacrées ou bien envahissantes. Ces plantes font pourtant partie de notre patrimoine culturel et naturel. Alain nous a fait découvrir la plupart de ces plantes en nous précisant bien souvent leur nom scientifique.

Après cette leçon de botanique en plein air, nous porterons à l’avenir un autre regard sur « les mauvaises herbes ». Les discussions botaniques se sont poursuivies autour de notre pique nique réparateur.

L’après-midi était consacré à la visite du château de Mesnil Geoffroy et de ses jardins.

C’est la propriétaire des lieux, la Princesse Anne Marie Kayali qui a nous accueilli avec beaucoup de gentillesse sur le perron de son château pour nous inviter à découvrir l’intérieur.

C’est avec beaucoup d’humour et d’originalité que la Princesse nous décrit les lieux, mais également l’art de vivre d’une famille aristocratique au XVIIIe siècle.
En parcourant les différentes pièces de la demeure on apprend, notamment comment se poudrer et surtout comment placer sa mouche pour transmettre le message que l’on souhaite faire passer.
Mais aussi le dressage de la table au XVIIIe siècle (décoration, position des couverts, le service etc...). Nos visiteuses ont été très admiratives devant les robes à panier ( qu’elles porteront peut être lors d’une prochaine sortie ?).

Le château que nous visitons a été construit au début du XVIIe siècle sur l’emplacement d’un château fort du XIIIe siècle dont le propriétaire s’appelait Jeuffre de Follain (d’ou le mot Geffroy, puis Goeffroy) .
Ce premier château a été détruit à la fin du XVIe siècle lors des guerres de religion. Il a été remplacé par le bâtiment actuel, très caractéristique du style Louis XIII avec ses hautes toitures en ardoise, ses très grandes cheminées, son corps de logis central.

Cette noble demeure a été embellie par les Lannoy de Bellegarde, conseillers au Parlement de Rouen, qui possédaient ainsi, comme beaucoup de parlementaires, leur « maison aux champs », que l’on aura appelé aujourd’hui résidence secondaire.

Le Prince Gaston de Montmorency Luxembourg apparenté à la famille royale, hérite du château vers 1825. En 1886, par alliance, le château passe aux mains de la famille de Robien qui en reste propriétaire jusqu’en 1985, date à laquelle il est vendu à un architecte. Celui-ci le garde peu d’années, il est racheté en 1992 par le Prince et la Princesse Kayali, les propriétaires actuels.

Le Mesnil Geoffroy a vu le passage de Victor Hugo dont le gendre avait une maison à Veules les Roses, le peintre Jongkind qui a dessiné « les bateaux à Saint Valery en Caux »— dessin aquarellé qui fait partie de la collection de la Princesse Kayali— et Antoine de Saint Exupéry qui y aurait peut être écrit ici une partie de son roman Vol de nuit.

La Princesse Kayali nous invite ensuite au jardin que nous allons visiter librement. Une véritable merveille qui mérite bien son classement de jardin remarquable. On va tout simplement pour le plaisir des yeux de surprises en surprises : Le jardin des oiseaux,

la roseraie des parfums,

le labyrinthe, le verger conservatoire,

le potager etc... Le tout présenté et entretenu avec le plus grand soin.

Il faut s’arrêter plus longtemps dans la roseraie qui présente pas moins de 2900 rosiers au total (la passion du Prince Kayali) et qui abrite 950 roses anciennes qui existaient avant 1876.

Ensuite on trouve les roses modernes et enfin les roses parfumées, le thème principal de cette roseraie. 1200 pieds sont rassemblés ici.

Des visites guidées de la roseraie sont organisées et commentées par le Prince Kayali lui-même ou par le jardinier spécialisé. Des ouvrages sur les roses sont également disponibles à la boutique.

Le château de Mesnil Geoffroy fait partie des incontournables de la région, qu’il faut non seulement découvrir, mais surtout savourer.
Un grand merci à la Princesse et au Prince Kayali pour leur accueil.