Le musée de la médecine _ 23 janvier 2016


C’est Madame Jacqueline Prévost qui nous a accueilli, dans les lieux où est né Gustave Flaubert, le 12 décembre 1821.
C’est une plongée dans la médecine des siècles précédents que nous avons effectuée.

Le musée occupe le « pavillon du chirurgien  », construit en 1755 comme logement de fonction du chirurgien, habité successivement par Claude-Nicolas Le Cat jusqu’en 1768, par Jean-Pierre David, son gendre et successeur, puis à partir de 1784 par J.B. Laumonier, enfin de 1816 à 1846, par Achille-Cléophas Flaubert, le père de Gustave.

Marc Boulanger dans son livre « Les hôpitaux de Rouen » nous rappelle qu’en 1678, on atteignait le chiffre extraordinaire de huit malades dans le même lit.

Ici nous est présenté ce lit qui comporte tout de même six places.

A cette époque, les religions et les croyances tenaient une grande place dans les esprits et l’on attribuait souvent une guérison bien plus à la prière et à l’intervention des saints guérisseurs qu’à la médecine encore tâtonnante. Ceux-ci nous permettent d’évoquer les redoutables épidémies d’autrefois ( la peste, la lèpre, la variole, le choléra, la tuberculose….)

On reconnaît saint Roch, qui soigne la peste, à son bâton (le bourdon) qu’il tient à la main. Parfois, il porte une besace, le chapeau et la cape de pèlerin. Un chien, d’où le terme « roquet » se tient à ses côtés avec un ange. Il relève un pan de sa cape pour faire voir la plaie qu’il a à la jambe.

Claude-Nicolas Le Cat (1700/1768 ) : Dans son ancienne bibliothèque, est évoqué un de ces cabinets de curiosités si prisées des « gens de qualité » au siècle des lumières.

C’est lui qui a inventé ce « gorgeret-cystotome » pour extraire les calculs vésicaux . En 1745 il aurait perdu la moitié de ses opérés ?

Bordier était un comédien célèbre à Paris qui jouait dans le rôle d’Arlequin, il semble avoir été protégé par le duc d’Orléans. En compagnie de Jourdain, il soulève une émeute en août 1789 à Rouen et ils investissent l’hôtel de ville. Tous deux sont arrêtés et pendus le 21 août 1789. Deux élèves de J-B Laumonier, chirurgien-chef de l’Hôtel-Dieu, récupèrent les têtes et lui cèdent afin qu’il les prépare pour les conserver.

La phrénologie, « la science des bosses », où l’on s’ingéniait à trouver des correspondances entre la forme du crâne d’un individu donné et ses principaux traits de caractère. Cette science fut très en vogue durant le premier tiers du XIXe siècle.

Franz Mesmer ( 1734/1815 ) est un médecin allemand qui prétendait pouvoir guérir les maladies nerveuses grâce à son fluide magnétique personnel.
Un baquet de Mesmer, accessoire indispensable aux séances de magnétisme si prisées par la bonne société parisienne à la veille de la Révolution.

Ce très rare perchoir à sangsues en verre du XIXe siècle servait à faire jeûner ces vers aquatiques connus dès l’Antiquité.
Le médecin de Napoléon, Broussais, popularise les sangsues qui vont détrôner les lancettes à saignée. Ce bocal possède neufs perchoirs horizontaux répartis sur trois niveaux.

Ce mannequin servait aux démonstrations d’accouchement au XVIII ème siècle. Cet objet, permettrait aux élèves sages-femmes de s’exercer manuellement aux manoeuvres obstétricales. Madame Du Coudray, le présentait dans ses voyages à travers les provinces. Ce modèle déposé à Rouen date de 1777.

A partir de la révolution apparaît la notion d’enfant naturel de la patrie.
Un mode de recueil anonyme : le tour fait son apparition en 1811.
On peut en voir une reconstitution, à Rouen, rue de Germont.

On trouve parfois épinglé sur les registres des enfants abandonnés des billets :
« Les excuses  », ou des marques de reconnaissances.

Et enfin pour se détendre un peu, une caricature du célèbre Benjamin Rabier

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