Les Petites Dalles _ 2 juin 2019


Dimanche 2 juin : Rendez vous à 14h30

Balade culturelle : Autour des Petites Dalles

Notre groupe de 24 participants se retrouve sur le parking de la plage aux Petites Dalles pour la découverte de cette station balnéaire nichée dans ce que l’on appelle ici une valleuse : c’est une échancrure creusée par le ruissellement des eaux et qui borde la côte d’Albâtre du Pays de Caux.

Notre amie Manuela, qui est résidente des lieux, nous avait organisé cette balade et avait fait appel pour nous guider à Pierre Wallon : passionné par l’histoire et l’architecture des habitations de cette station, auteur de nombreux ouvrages sur le village et dont la famille est résidente aux Petites Dalles depuis plusieurs générations.

Les Petites Dalles, c’est un hameau partagé entre Sassetot-le-Mauconduit et Saint-Martin-aux-Buneaux, Cette situation particulière fait qu’il est également partagé entre deux cantons (Valmont et Cany-Barville), deux arrondissements (Le Havre et Dieppe) et même deux diocèses. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes aux habitants : ici c’est « Clochemerle » nous dit-on d’un œil amusé.

Par exemple, la rue principale est coupée en deux : chaque côté de la rue appartient à une communauté de communes différente qui, naturellement dans le pays de Caux où on est souvent fâché avec son voisin, ne s’entendent pas. Les ordures ménagères sont ramassées à des jours différents selon le côté de la rue que l’on habite.

Les Petites Dalles était autrefois un petit village de pêcheurs coincé entre deux falaises et composé de quelques maisons bâties dos à la mer, car celle-ci avait la réputation d’être un danger.

En 1869 , sur la première photographie des Petites Dalles, on voit 3 types de maisons : des longères traditionnelles dos à la mer, des maisons de patrons de pêche à étages et les trois premières villas de vacanciers.

Dans le seconde moitié du XIXe siècle, la mode des bains de mer se développe et est facilitée par l’arrivée du chemin de fer sur les côtes normandes. D’abord à Fécamp, puis à Cany, le chemin de fer a facilité le rapprochement entre la capitale et la mer. Les plages attirent la bourgeoisie, les villas se construisent face à la mer pour bien profiter de l’air iodé, considéré comme bon.

En 1875, Elisabeth de Wittelsbach dite Sissi vient passer les mois d’août et de septembre au château de Sassetôt le Mauconduit et se baigne régulièrement sur la plage des Petites Dalles.
Les célébrités fréquentent le petit village qui devient station balnéaire : un casino est construit en bordure de mer mais il finira par brûler en 1904.
Les peintres impressionnistes viennent également reproduire sur la toile les lumières changeantes du bord de mer.

Notre guide nous emmène à la découverte de cette station, bien calme aujourd’hui, mais il reste beaucoup de vestiges du passé : les magnifiques villas balnéaires du style que l’on a nommé éclectique (qui emprunte les éléments d’architectures de toutes les époques). Ici, tous les matériaux sont utilisés :

beaucoup de colombages en bois, mais aussi briques, pierres, silex, grès et quelquefois céramique,

le tout composé dans un harmonieux mélange qui différencie chaque construction de ses voisines.

En s’approchant des murs on peut remarquer les joints « à la fourchette », en saillie des matériaux pour éviter les infiltrations.

Au passage, notre historien nous signale quelques demeures qui ont abrité des célébrités : Martine Carole,

Eiffel,

Jules Vernes dont la maison n’existe plus....

Parmi les nombreuses demeures bien entretenues par leurs propriétaires on peut citer : « les Bambous », construite par l’architecte de l’Opéra de Paris, Charles Garnier en 1880.

En 1883, un riche négociant parisien, Jean Bressant, fait construire dans un but locatif les « villas Saint Jean » : l’investissement est rapidement rentable et 5 villas sont rassemblées pour devenir l’Hôtel des pavillons.

Un peu plus loin c’est la villa où venait en vacances l’actrice des années cinquante Martine Carole, puis on passe devant la demeure où Eiffel venait passer quelques jours en été. La maison Jules Verne a disparu.

La plus belle de ces demeures se situe sur le coteau : Adolphe de Blowiz, célèbre journaliste correspondant du journal anglais « Le Time », a fait construire une très belle villa « Les Lampottes" par vraisemblablement l’architecte du Palais de la Bénédictine de Fécamp, Camille Lambert. « Les Lampottes », dans notre Pays de Caux, c’est l’appellation locale de ces petits coquillages en chapeau chinois que l’on trouve collés sur les rochers.

Nous avons vraiment passé encore une belle journée aux Petite Dalles : un grand merci à Manuela et à Pierre Wallon.
On ne peut pas tout dire sur le village des Petites Dalles dans ce résumé, n’hésitez pas à consulter l’excellent site internet de la commune et bien-sûr les livre de Pierre Wallon sur la commune.