Masseot Abaquesne _ 5 janvier 2017


Nous nous sommes retrouvés le 5 janvier au musée de la céramique situé dans l’ancien hôtel d’Hocqueville datant du XVIIème siècle pour visiter l’exposition :MASSEOT ABAQUESNE : l’éclat de la faïence à la Renaissance.

En préambule notre guide nous présente les 2 grands types d’objets en céramiques qui sortent des fours normands. Les terres cuites vernissées et les grès, utilisés pour réaliser des carreaux ou des pièces de forme. La glaçure est au plomb. Peu à peu la faïence se diffuse dans le royaume de France.

MASSEOT ABAQUESNE, premier faïencier français, est né vers 1500 probablement à Cherbourg et est décédé vers 1564 à Sotteville-les-Rouen.

Le Colombier de Boos : Une grande remise en cause.
L’ensemble de 48 carreaux, longtemps attribué à Masséot Abaquesne, provient en fait d’Anvers ou d’un atelier de tradition anversoise actif en Normandie au 1er tiers du XVIème siècle.

Si Masséot Abaquesne a révolutionné la faïence 20 ans avant Bernard Palissy, et a produit de très nombreux carreaux et pots d’apothicaire que nous connaissons bien, nous savons par contre très peu de choses sur lui, son atelier, ni même ou celui-ci était situé.

Son nom apparait pour la première fois dans un acte notarié en octobre 1526 sur un terrier exposé au musée. Il est cité comme « emballeur »et vit dans la paroisse de Saint Vincent de Rouen. En 1528 il réapparait comme « émailleur en terre ». Seulement 14 documents d’archives attestent de son existence.
Travaillant sur le port de Rouen, il voit passer de nombreuses cargaisons de céramiques venant de différentes origines. Cela aura sans aucun doute une influence sur Masséot Abaquesne. Elles seront multiples :

Influence Italienne : La faïence se distingue des terres cuites vernissées par sa composition qui inclut une glaçure blanche qui contient de l’oxyde d’étain. Cette technique connait son apogée vers 1520 incarné par les œuvres de Nicola da Urbino appelée Majolique en France. Masséot Abaquesne puise aux sources italiennes pour la conception globale de ses formes et décors, mais crée néanmoins un style singulier.

Influence Anversoise : Les artisans sont pour la plupart originaires du Nord de l’Italie. Le plus célèbre est Guido di Luca Savini ou Guido Andries. Il réalise, avant 1538, pour Anne de Montmorency, le pavement de la chapelle du château de Fère-en-Tardenois. La production de Masséot Abaquesne tant dans ses caractéristiques techniques que stylistiques est redevable de celle de ses homologues anversois.

Influence Espagnoles  : Les artisans officiant dans des ateliers de Manisès près de Valence en Espagne diffusent leur production en France et en Italie. De grands souverains et prélats font appel à leurs services comme Louis d’Amboise évêque d’Albi. Les motifs de vaguelettes ou ondes sera repris par Masséot Abaquesne quelques années plus tard.

Masséot Abaquesne en Normandie

Le 24 mai 1545 le rouennais Pierre Dubosc passe commande de 4152 pots d’apothicaire à Masséot Abaquesne. L’atelier produit 2 types de pièces : L’Arabello et la Chevrette.
les albarelli étaient destinés à contenir des denrées sèches (plantes, poudres...). L’atelier de Masséot Abaquesne les orne avec des visages aux traits accentués, sur un fond blanc parsemé de rinceaux peints en bleu.

La chevrette est un type de pot à pharmacie généralement destiné à contenir des sirops et des liquides.

Pour en savoir davantage, nous avons retrouvé un article de Jean Hossard :
Abaquesne, premier faïencier français au service de la pharmacie.
pour le consulter cliquez ici

L’atelier rouennais de Masséot Abaquesne acquiert rapidement une renommée au-delà de la Normandie. Dès 1542 il livre un premier pavement au connétable de François 1er, Anne de Montmorency, pour la galerie de Psyché de son château d’Ecouen. Admirez Les initiales AM des propriétaires et l’épée de connétable qui côtoie sa devise « Aplanos » (sans détour), placé sur des rubans.

Auréolé du succès, l’atelier de Masséot Abaquesne se voit confier un triptyque représentant le déluge et un second pavement pour le château d’Ecouen, (1549-1551) au dessin plus complexe à la gloire des souverains Henri II et Catherine de Médicis.

Puis en 1557, le pavement de la chapelle de la Bâtie d’Urfé (exposée exceptionnellement au musée des beaux arts de Rouen) pour Claude d’Urfé gouverneur des enfants du roi.

Entre 1555 et 1560 des pièces exceptionnelles marquent un tournant dans la production de Masséot Abaquesne comme cette gourde armoriée, de par sa forme nouvelle dans le répertoire du faïencier et la qualité de son décor.

Et maintenant La majolique : vous trouverez ici un peu de technique .