Notre Dame de Bondeville _ 22 décembre 2018


Rendez vous à 14h

Balade découverte : Autour des Moulins à papier de Notre-Dame-de-Bondeville

Pour la dernière balade de l’année nous nous retrouvons à seize participants devant la corderie Valois.

Nous avons commencé cette découverte par la visite de cette usine-musée, un lieu que nous avions déjà visité lors de précédentes balades. L’accueil est toujours aussi convivial : nous avons eu droit à une visite commentée avec beaucoup d’humour et de passion par un ancien travailleur du textile.

C’est un retour de près d’un siècle en arrière qui permet de se rendre compte des conditions du travail à cette époque, ainsi que l’extraordinaire machinerie mise en œuvre pour la fabrication des cordes et des lacets. Les machines sont uniquement actionnées par la force hydraulique au moyen d’une roue à aubes et tout cela fonctionne toujours très bien . Une très intéressante exposition temporaire sur les indiennes, complète la visite.

Nous continuons notre balade en empruntant le chemin des moulins à papier qui borde le Cailly :

cette petite rivière prend sa source à une vingtaine de kilomètres de là, au village qui lui a donné son nom.

Le fort courant, dû à la dénivellation de soixante dix mètres entre la source et l’endroit ou elle se jette dans la Seine à Bapeaume, permettait l’alimentation de nombreux moulins à céréales dès le XIIème siècle. Puis certains de ces moulins furent utilisés pour divers broyages dont celui du bois, ou pour la fabrication du papier, activité très importante dans la région à partir du XVIIème siècle.

L’agréable petit sentier qui longe la rivière nous amène devant le manoir Gresland :

construction en pans de bois du XVIIe siècle, propriété des seigneurs Dubosc de Radepont pendant plusieurs générations, ce manoir, longtemps symbole de la noblesse, devient au XIXe siècle celui de la toute puissante bourgeoisie textile.

Pendant plus d’un siècle, il restera la propriété de la famille Gresland. En 1990 la ville en fait l’acquisition et décide d’y installer la bibliothèque municipale. Lors de travaux menés de 1999 à 2000, les vestiges d’une église mérovingienne du VIIe siècle sont découverts : les fondations sont entourées d’un important complexe funéraire. Hélas, pas d’écrit ni de documentation historique sur ces découvertes. Une église, une chapelle de monastère ou chapelle mortuaire d’une noble famille ? Les pierres n’ont pas encore révélé leurs secrets. La bibliothèque porte le nom de Mathilde de Rouves, bienfaitrice du prieuré de Bondeville au XIIe siècle. C’est en hommage à ce prieuré de religieuse cistercienne, que la particule Notre Dame précède aujourd’hui le nom de la commune de Bondeville.

En continuant notre chemin, on arrive devant les bâtiments restants de l’ancienne usine Gresland, filature spécialisée dans la fabrication de mèches à bougie, qui en 1884 emploie 300 ouvriers et produit 540 tonnes de fils par an.

La grande cheminée en briques de l’usine, aujourd’hui classée monument historique, domine encore la cour de l’usine. Quelques bâtiments on été réhabilités pour recevoir des entreprises : l’ancienne chaufferie abrite aujourd’hui l’association du Pré-la-Bataille qui y fabrique le célèbre sucre de pomme de Rouen.

En empruntant la rue Ferdinand Cartier toute proche, on passe devant les barres de maisons construites en 1880 pour loger les ouvriers de la filature.

De cet endroit, on peut apercevoir l’évolution des habitations ouvrières : les barres de maisons en briques de la fin du XIXe siècle, puis les pavillons de cailloux groupés par deux ou par quatre, les cités jardins des années trente

et, aux pieds des coteaux, on aperçoit les immeubles aux multiples étages des années cinquante et soixante. Ensuite, au dessus, à flan de coteau, on voit les pavillons individuels des années quatre vingt.

Nous retrouvons le Cailly par la sente de la Basse-Ville qui, par un petit pont, traverse la rivière. Puis nous atteignons la mairie de Notre-Dame de Bondeville, construite à l’emplacement du château de la famille Gresland.

Devant la mairie une sculpture « Ars Sonora » rappelle dans sa composition les passés religieux et industriels de la commune.

C’est également un carillon de 48 cloches, dont le clavier déporté est actionné depuis la mairie. Cette œuvre a été réalisée en 2010 par les établissements Paccard d’Annecy.

La ville de Notre Dame de Bondeville organise plusieurs fois par an des concerts : ce fut le cas en juillet 2018, lors du congrès de la guilde des carillonneurs européens qui s’est réuni à Rouen.

Nous longerons une nouvelle fois le Cailly, en traversant la splendide roseraie :

il faudra revenir au mois de juin pour admirer les roses et profiter pleinement de cet endroit romantique. Nous atteignons ensuite la route de Dieppe pour revenir à notre point de départ face à la corderie.